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Quel enseignement ?

 

Qu'est-ce que la spiritualité ?

Avant d'aller plus loin, il est important de garder une chose à l'esprit : nous ne mettons pas tous la même réalité derrière les mots.

Chacun les interprète à travers son histoire, ses croyances et ses expériences personnelles.

Par ailleurs, nous vivons une époque particulière, où certains mots sont tellement galvaudés qu'ils semblent avoir perdu leur sens profond

Ainsi, des mots comme « amour », « liberté » ou « bonheur » ont des réalités très différentes d'une personne à l'autre.

Bien sûr, le mot « spiritualité » n'échappe pas à cette règle.

Pour beaucoup de personnes, la spiritualité est une façon de vivre sa relation avec Dieu. C’est le cas de toutes les personnes qui sont sur un chemin religieux, qu’il soient chrétiens, musulmans ou même hindouistes. 

Pour d’autres, la spiritualité est un moyen d’expliquer le sens de la vie, le fonctionnement de l’Univers, de ce qui est invisible. Cela passe par l’élaboration de théories sophistiquées (loi d’attraction, mission de vie, existence de l’âme, des anges, des guides, concept des flammes jumelles…) 

On se rapproche ici de la spiritualité dite « New Age » qui est très à la mode en occident. 

Pour d’autres encore, la spiritualité est synonyme de foi, c'est-à-dire d’une force personnelle sur laquelle il est possible de s’appuyer pour résister aux tumultes de la vie. Cela témoigne parfois d’une volonté de non adhésion à une communauté religieuse.

Afin de clarifier certains concepts clés de cet enseignement, un glossaire vous est proposé dans le module suivant. 

 


 

La vérité est un pays sans chemin 

Mais que l’on soit religieux, spirituel ou athée, une chose est certaine : personne ne peut prétendre détenir la vérité absolue au risque de basculer dans le sectarisme.

En effet, si tant est qu’une réalité ultime existe, elle nous dépasse assurément et nous n’en percevons qu’un tout petit fragment, selon notre point de vue.

D'ailleurs, certains grands maîtres ont enseigné en dehors de tout dogme, de toute communauté, de toute religion. C’est le cas de Jiddu Krishnamurti, philosophe du 20e siècle, incontournable sur le chemin spirituel.

Krishnamurti naît en 1895 au sud de l’Inde dans une famille modeste. À l’âge de 14 ans, alors qu’il joue sur une plage avec son frère, il croise la route de Charles Leadbeater et d’Annie Besant, deux dirigeants d’une organisation spirituelle influente en occident, la Société Théosophique

On raconte que lorsque Leadbeater voit pour la première fois l’adolescent de 14 ans, il se serait exclamé : “il n’y a aucune trace d’ego dans l’aura de ce garçon ! C’est donc lui le Véhicule de l’instructeur du monde !” 

Persuadés d’avoir trouvé le messie qu’il cherchait depuis toujours, Leadbeater et Besant vont donc adopter Krishnamurti et l’éduquer à Londres pour qu’il dirige la Société Théosophique. 

Mais Krishnamurti possède une indépendance d’esprit remarquable qu’il tire de son enfance difficile et de sa santé fragile. Plus il avance dans l’enseignement mystique, plus il rejette l’idée d’être le messie que tout le monde attend.

C’est pourquoi en 1929, il tient un discours devant une assemblée de fidèles et dissout la Société Théosophique qu’il dirigeait pourtant lui-même. Il déclare notamment : « La vérité est un pays sans chemin ».

À partir de ce renoncement, il enseigne librement dans le monde entier, sans disciple, sans religion, sans système, jusqu’à sa mort en 1986. 

 


 

À propos des religions et des dogmes : 

« La vérité est un pays sans chemin. Vous ne pouvez avancer vers elle par quelque voie que ce soit, par aucune religion, par aucune croyance. La vérité étant infinie, non conditionnée, inapprochable, on ne peut l’organiser. Aucune organisation ne peut amener ou forcer les gens à suivre un chemin particulier

Si vous avez compris cela, vous verrez à quel point il est impossible d’organiser la foi. La foi est quelque chose de strictement personnel. Vous ne pouvez ni ne devez l’organiser. Si vous le faites, elle finit par se cristalliser, elle devient une croyance que l’on impose à d’autres. »

« Les hindous, les chrétiens, les musulmans sont conditionnés. Il n’y a pas de liberté dans ce conditionnement. Ce conditionnement les divise. Les Hommes sont les mêmes de partout et si la société les divise, ce n’est pas juste. Les Hommes sont les uns contre les autres, cela vaut aussi par la nationalité et la culture. Quand il y a division, il y a conflits et violence. Par conséquent, ne faudrait-il pas les déconditionner ? 

Pour cela, il faut être dans l’attention : être conscient de tout sans choisir et sans faire agir la pensée. Si l’Homme est capable d’atteindre un état d’être élevé, il est capable de le maintenir. Il demeure hors du temps. 

Le temps signifie division et mouvement. Le temps est créé par la pensée. L’attention est plus concrète que le temps, elle est sans borne. Quand on vit cet état d’attention, on crée une unité en soi et avec les choses. »

Discours de Jiddu Krishnamurti - 1929

 


 
L'enseignement de Bouddha 

Lorsque nous parlons d'éveil, nous pensons bien sûr au Bouddha.

En effet, Siddhartha Gautama a dédié sa vie entière à la réalisation de l'éveil. Alors, quel est son enseignement ?

Contrairement aux grandes religions, Bouddha ne s’intéresse ni à Dieu, ni à l’âme.

Par ailleurs, l'enseignement du Bouddha ne propose aucune théorie, aucun concept sophistiqué tel que l’existence des guides, des anges, d’une mission de vie, de contrats d’âme, etc.

Bouddha appelle à quelque chose de beaucoup plus simple et pragmatique : l’observation et la compréhension de ce qui est là, sous nos yeux, sans aucun jugement. 

En effet, observer les phénomènes avec tranquillité et clarté nous amène à nous poser les bonnes questions : qui suis-je vraiment ? Qu’est-ce qui se manifeste dans ma vie ? Qu’est-ce qui cause mes souffrances ? Et surtout : comment y mettre fin ? 

À cette dernière question, Bouddha répond par une approche qui semble radicale : la dissolution du « moi » pour atteindre l’éveil

 


 

Complexe occidental

En parlant de Bouddha... Pour beaucoup d’entre nous, les spiritualités orientales sont assimilées à des religions exotiques aux croyances opaques (karma, réincarnation, nirvana, éveil…) 

En effet, la vie monastique, le renoncement, la communauté (sangha), les traditions, les objets de culte, l’étude des textes en sanskrit… tout ceci agit comme autant de freins à la découverte de l’enseignement du Bouddha pour les Occidentaux que nous sommes. 

Il faut dire que le fossé culturel est immense. La plupart d’entre nous sommes influencés par les religions dualistes qui ont façonné notre histoire, notre culture : christianisme, judaïsme, islam… Toutes ces religions nous ont enseigné que l’âme et Dieu sont deux entités distinctes.

Il n’est donc pas étonnant que nous soyons dubitatifs face à l’enseignement du Bouddha qui ne reconnaît ni le concept d’âme, ni celui de Dieu.  

Mais n'ayons pas peur de le dire : l'Occidental est un être orgueilleux. Car il ne suffit pas de croire en la réincarnation pour connaître toutes les richesses des traditions orientales. Il ne suffit pas de pratiquer le yoga ou la méditation une fois par semaine pour se prétendre sage et encore moins éveillé.

En réalité, nous autres occidentaux sommes littéralement obsédés par notre « moi »

  • Nous le choyons comme un trésor : massages, ongleries, salles de sport…
  • Nous le hissons sur un piédestal, tel un enfant-roi : le plus beau, le plus intelligent, le plus méritant, le plus productif…
  • Nous l’exhibons sur les réseaux sociaux, sous toutes les coutures.
  • Et nous veillons à le divertir sans relâche : culture, spectacles, sorties mondaines, télé-réalité.

Dès lors, rien d'étonnant que si peu d'Occidentaux s'intéressent à certaines traditions orientales qui préconisent l'exact opposé : mettre le « moi » en sourdine

Si vous souhaitez en savoir davantage sur l'enseignement de Bouddha, un module optionnel vous est proposé dans la section pour aller plus loin

 


 

La liberté comme mantra

Bien sûr, le chemin vers l’éveil ne se limite pas aux traditions orientales.

De nombreux enseignants ont montré qu’il était possible d’emprunter cette voie en dehors de tout cadre religieux établi.

Parmi eux, Rudolf Steiner, George Gurdjieff et Jiddu Krishnamurti ont marqué leur époque par la profondeur de leur réflexion sur la conscience et la transformation intérieure.

L’enseignement proposé ici s’inspire de cet héritage tout en restant libre de toute tradition, de tout dogme et de toute religion.

Il est toutefois essentiel de comprendre que ce programme n’est qu’un outil au service de votre propre cheminement.

Il ne prétend détenir aucune vérité absolue et n’a pas vocation à vous imposer une vision du monde. Chacun demeure libre de ses croyances, de ses convictions et de son expérience personnelle.

 


 

Pour aller plus loin :  conte traditionnel hindou pour mieux comprendre la notion de vérité absolue