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VERS MON ÉVEIL
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Tomber et se relever

Alors, comment sait-on que l'on est éveillé ?
L'état d'éveil est souvent décrit comme une forme de révélation, un moment de dévoilement soudain.
Une personne qui s'éveille est comme frappée par la foudre ; elle sait qu'elle vient de s'éveiller, comme une évidence.
Cependant, les récits d’éveil sont aussi variés que les individus eux-mêmes. Certains rapportent une expérience survenue lors d’un pèlerinage, d’autres au cours d’une retraite spirituelle, un enseignement ou encore à l’occasion d’un événement marquant du quotidien.
Toutefois, comme n'importe quel état de conscience, l’éveil n'est pas un état stable. C'est pourquoi une personne éveillée finit généralement par "redescendre" assez rapidement.
Mais n'est-ce pas logique après tout ? Imagine t-on un alpiniste rester au sommet d'une montagne toute sa vie après l'avoir escaladée ?
L'éveil, la solution à tout ?
Certaines approches présentent l’éveil comme un remède définitif à la souffrance. Cette idée mérite d’être nuancée.
En réalité, rien, absolument rien ne permet de s'extraire de l'impermanence et donc de la souffrance.
Encore une fois, l'éveil est un état altéré de conscience parmi tant d'autres.
Or, nous ne faisons que subir ces altération de conscience tout au long de notre vie : fatigue, alcool, drogues, maladies, états d'âme, émotions, rêves ou cauchemars, coma, évanouissement, mort, etc.
L'éveil n'échappant pas à cette règle, il ne faut donc pas s'attendre à rester dans cet état ad vitam aeternam.
C'est pourquoi, dans des périodes de doute ou face à des obstacles particulièrement marquants, il est fréquent qu’une personne ayant vécu une expérience d’éveil ait le sentiment de revenir à un état de conscience antérieur.
Néanmoins, il faut faire attention à ce que cette rechute ne dure pas dans le temps. La méditation est un moyen infaillible pour faire perdurer le plus longtemps possible un état temporaire de conscience. C'est d'ailleurs pour cela que tant de personnes la pratiquent, que ce soit pour atteindre le bien-être ou rester dans l'état d'éveil.
Alors, si nous sentons que l'état d'éveil s'éloigne, rappelons-nous qu'il suffit d'entrer en méditation quelques secondes pour fusionner avec l'Esprit, qui est par nature calme, stable et clair.
Nous pouvons également pratiquer l'exercice n°1 : vers la gratitude. Il s'agit d'un exercice simple qui permet de se remettre très rapidement dans de meilleures énergies.
Les dernières illusions
Si malgré tout cela, l'état d'éveil est toujours aussi difficile à faire perdurer, il est fréquent que cette difficulté soit liée à une sensation profonde de perte de sens.
En effet, réussir sa vie, accumuler des biens matériels, être reconnu, trouver l’amour, chercher le bonheur, courir après les relations sociales… tout ceci n'a plus de sens pour une personne qui s'éveille. Elle sait que s'attacher à tout ce qui est impermanent fait souffrir.
Alors, que reste t-il à faire ?
- Créer ? Oui, c'est une activité noble... Mais aujourd'hui, il suffit d'un clic et une intelligence artificielle crée une musique, une chanson, un dessin, un livre... mieux que nous.
- Aider ceux qui souffrent ? C'est indispensable. Mais n'est-ce pas comme remplir le tonneau des Danaïdes ? Les guerres reviennent toujours, les gens n'ont pas conscience de ce qui les affligent. Ils continuent de souffrir, encore et encore...
- Méditer dans une grotte ? Se faire moine ? C'est mieux que rien : le fait de ne pas agir fait cesser les flux conditionnés... La nature nous remercie de moins la polluer. Mais si nous avons déjà atteint l'éveil, à quoi bon ?
Nous le voyons, même les activités les plus nobles ont perdu leur sens ! Tout simplement car il n'y a plus de « moi » pour les leur donner du sens.
En réalité, pour une personne éveillée, il n'y a plus qu'un seul but dans cette vie : la compassion.
Le doux parfum de la compassion
Résumons :
- L'identification au « moi » nous fait souffrir.
- L'attachement à l'illusion persistante (impermanence) nous fait souffrir.
- L'ignorance que chaque action produit un effet nous fait souffrir.
- L'unique remède à la souffrance est la réalisation de notre véritable nature.
C'est donc là que tout converge : les êtres souffrent car ils n'ont pas réalisé l'éveil.
Lorsque nous comprenons ceci, une vague de compassion nous submerge. La compassion désigne la capacité à reconnaître la souffrance d’autrui et à éprouver un désir sincère de l’atténuer.
Allons-nous laisser nos frères et nos sœurs dans le cycle infini de la souffrance ? Ou allons-nous tout faire pour leur transmettre la flamme de l'éveil ?
Avons nous vraiment le choix ?
Si nous avons réalisé l'éveil, nous voudrons à notre tour transmettre la flamme de l'éveil au plus grand nombre.
Pour aller plus loin :
Un pas vers la dévotion (ressentir la vie sans être identifié à un « moi »)