Cours en ligne
VERS MON ÉVEIL
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Lâcher prise

Maintenant que nous avons exploré la vision pénétrante et compris la loi de cause à effet, il nous reste à intégrer cet enseignement dans notre vie afin de nous libérer progressivement de nos conditionnements.
Car l’éveil véritable ne peut naître que de cette mise en pratique.
Les trois modules suivantes donnent des repères pour avancer en confiance sur ce chemin.
Ne pas voir le monde à travers un trou de serrure
Nous savons désormais que l’Esprit connaît toute chose de manière immédiate et instantanée.
Dès lors, si nous développons une vision pénétrante, il devient inutile de consacrer notre temps et notre énergie à vouloir tout comprendre du monde.
En réalité, dès que nous cherchons à expliquer quelque chose, nous cessons déjà de regarder avec les yeux de l’Esprit.
Cette affirmation est d’autant plus évidente que nos sens perçoivent moins de 1 % de ce qui existe réellement. Or, la plupart de nos peurs et de nos inquiétudes naissent précisément de ce que nous percevons à travers l'extrême limitation de nos cinq sens.
S'ajoute à cela notre mental qui tente de comprendre ce petit bout de réalité en construisant des concepts, des théories et des raisonnements toujours plus complexes. Cela relève du non-sens.
Nous devons admettre une bonne fois pour toutes que cette manière d’agir ne nous rapproche pas de la vérité. Au contraire, elle nous en éloigne puisqu'en perdant en simplicité, nous perdons la clarté de l’Esprit.
Être dans l'acception confiante
Après avoir étudié la loi de cause à effet, nous comprenons que nous sommes les créateurs de notre propre karma : ce qui doit advenir advient puisque nous l'avons rendu possible.
Dès lors, nous n'avons pas d'autre choix qu'être dans l'acceptation confiante de ce qui se produit.
Cela ne signifie pas être passif face aux événements. En tant qu'êtres sur un chemin d'éveil, notre libre arbitre nous permet maintenant d'orienter les flux conditionnés dans une direction plus favorable.
En réalité, nous n'avons qu'un seul travail à faire : accepter ce qui advient et faire les meilleurs choix possibles pour améliorer notre karma futur.
Voici un conte traditionnel chinois qui illustre avec une clarté désarmante ce propos.
Le vieil homme et le cheval blanc (conte taoïste chinois)
Il était une fois, dans un village adossé à la colline, un vieil homme qui vivait avec son fils. Leur unique richesse était un cheval blanc qu’ils utilisaient pour transporter des provisions depuis la ville voisine.
Un jour, le cheval s’échappa et disparut dans la forêt. On le chercha en vain. Les voisins, attristés, vinrent dire au vieil homme :
— Quel malheur ! Ton seul cheval est parti. Comment vas-tu faire maintenant ?
Le vieil homme répondit calmement :
— Le cheval s’est enfui, c'est vrai. Nous verrons bien ce que cela implique.
Quelques jours plus tard, le cheval revint, accompagné d’une jument sauvage. Les voisins, émerveillés, revinrent cette fois avec des félicitations :
— Quelle chance ! Maintenant tu as deux chevaux !
Le vieil homme répondit avec la même sérénité :
— Il est vrai que nous avons désormais deux chevaux. Peut-être est-ce une bonne chose. Peut-être pas.
Plus tard, le fils monta la jument pour l’apprivoiser, mais il chuta lourdement et se brisa la jambe. Les voisins, consternés, revinrent une fois encore :
— Quelle tragédie ! Ton fils ne peut plus marcher. Vous ne pourrez plus rien faire.
Le vieil homme répondit :
— Il est blessé. Nous allons le soigner. Ce que cela signifie, l’avenir nous le dira.
Peu de temps après, la guerre éclata. Tous les jeunes hommes du village furent enrôlés de force, sauf le fils du vieil homme, jugé inapte à cause de sa blessure. Les voisins revinrent, émus :
— Tu as été épargné. Ton fils est resté auprès de toi. Quelle bénédiction !
Et le vieil homme dit simplement :
— Il est resté. C’est ainsi. Est-ce une bénédiction ? Je ne sais pas.
Note personnelle inspirée de Swami Prajnanpad : tandis que les voisins réagissent à chaque événement avec émotion, le vieil homme reste neutre et serein. Il accepte les choses telles qu’elles viennent, sans se laisser emporter ni par l’enthousiasme ni par la tristesse. N’est-ce pas la bonne attitude à adopter face à l’impermanence des choses ?
Ne s'attacher à rien
Nous l'avons dit et redit : ce que nous percevons ici et maintenant nous semble stable. Pourtant, il s'agit d'une illusion persistante puisque tout est toujours en mouvement. Ainsi :

- Dans moins d'une heure, la rosée du matin aura complètement disparu.
- Demain, cette chenille sera un magnifique papillon.
- Dans vingt ans, mon apparence physique aura visiblement changé.
- Dans deux cents ans, la maison que j'habite aura été détruite.
- En moins de 500 ans, l'Empire Romain s'est effondré.
- Dans quelques millions d'années, les Alpes seront peut-être sous la mer.
- Dans quelques milliards d'années, le Soleil cessera d'émettre de la lumière.
Encore une fois, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.
Cela implique que rien ne survivra à notre mort. Il n'est même pas certain que notre propre conscience nous survivra.
Il est donc très important de comprendre que tout ce à quoi nous sommes attachés nous fait souffrir inutilement. Et cesser immédiatement tout attachement.
Cela ne signifie pas du tout être insensibles. Nous pouvons respecter chaque chose et chaque être sans pour autant y être attachés.
Voici quelques exemples concrets :
J'aime mes enfants, mon partenaire et mes amis mais :
- Je les laisse totalement libres de leurs choix de vie
- Je ne m'inquiète pas pour eux
- Je sais que ma vie continue même s'il devait leur arriver quelque chose
J'aime les animaux mais :
- Je ne m'attache pas à eux au point de les domestiquer
- Je ne les mets pas en cage
- Je sais que je ne possède pas leur fidélité
Je prends soin de ma maison mais :
- Je sais que quelqu'un d'autre l'habitera après moi
- Je sais que je peux aller autre part si j'y suis contraint
- Je sais qu'elle peut disparaître (termites, catastrophe naturelle, etc.)
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Il était une fois, dans un village adossé à la colline, un vieil homme qui vivait avec son fils. Leur unique richesse était un cheval blanc qu’ils utilisaient pour transporter des provisions depuis la ville voisine.