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VERS MON ÉVEIL
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Processus de désidentification

Nous avons pris conscience qu’apaiser le « moi » est indispensable mais ne suffit pas. Il faut aller plus loin et engager un processus de désidentification.
Alors, quelles solutions pour se désidentifier du « moi » ?
La méditation du Sentier de Samatha : cette méditation permet de faire basculer immédiatement le « moi » en arrière-plan de l’expérience. C’est de loin la technique la plus efficace, à condition de bien comprendre le processus. En pratiquant tous les jours, nous semons déjà les graines de l’éveil.- Intercaler un concept : lorsque nous pensons “je suis nul”, nous pouvons reformuler en “j’ai la pensée que je suis nul”. L’ajout de ce simple concept crée une distance. En faisant souvent cet exercice, un automatisme se crée et le « moi » finit par s’éloigner.
- Localiser le « moi » : posons-nous la question : “où est le moi ?”. Est-il dans notre tête ? Dans nos pensées ? Existe-t-il de façon stable ? Non. Interroger l’existence même de ce « moi » fragilise la croyance en une identité indubitable.
- Éviter le « je » : le plus souvent possible, nous pouvons remplacer “je suis en colère”, par “il y a de la colère”. Cela transforme l’identification à l’émotion en événement transitoire.
- Mettre notre histoire sur pause : imaginons un instant que nous ayons perdu la mémoire : nous n’avons plus accès à nos souvenirs, nous n’avons plus de prénom, plus de profession, plus de famille, plus de rôle social. Que reste-t-il alors ?
- Écouter plus que parler : dans nos interactions sociales, il est possible d’écouter l’autre sans systématiquement donner son avis. Cela permet de faire reposer le « moi ». Cela laisse la place à l’autre pour exprimer ce qu’il ressent sans être dans la surenchère des mots et des expériences.
- Se désintéresser (un peu) du monde : nous avons tous tendance à l'empathie sélective. Ce fait divers relayé par les médias nous touche, nous ressentons de la tristesse, de la rage, du dégoût. Pourtant, des drames surviennent partout, tout le temps : des enfants meurent de faim dans l'indifférence générale, des gens dorment dehors sous nos yeux. En prenant conscience que l'expérience est universelle et non personnelle, nous relativisons les informations qui nous parviennent. Cela ne nous rend pas insensibles. Au contraire, savoir qu'il y a une portée universelle des expériences augmente notre compassion. Avec cette prise de conscience, le « moi » se transforme en « nous ».
Le processus de désidentification peut être long. Le « moi » est tenace, il n’a pas du tout envie de lâcher prise. C’est pourquoi, il nous faudra pratiquer souvent ces exercices pour que le « moi » se déracine.
Vide du « moi »
Attention, lorsque le « moi » est au premier plan de l’expérience, toute tentative de désidentification est perçue comme un danger de mort. Prenons l’exemple de quelqu’un qui est identifié au « moi » émotionnel. Si cette personne se met soudain à ne plus rien ressentir, le « moi » aura l’impression de disparaître, il va tirer le signal d’alarme.
Nous voyons ici que cette sensation de vide agit comme une puissante alerte qui empêche la désidentification. Toute tentative peut être perçue comme une menace et devenir source d’angoisses, de peurs voire de panique ou de vives souffrances.
Évidemment, personne ne meurt ni ne devient fou au terme de ce processus de désidentification. Comme toute peur, le sentiment de perte de contrôle du « moi » est dépourvu de substance. Parvenir au bout du processus est une question de lâcher prise et d'accoutumance.
C’est pourquoi il est conseillé de persévérer et surtout d’être accompagné dans cette démarche par une personne chevronnée et bienveillante.
Le basculement identitaire
Lorsque nous parvenons à nous désidentifier du « moi », celui-ci n’a plus le choix : il se retrouve de facto en arrière-plan de l’expérience. Et sa présence n’est plus aussi « utile » qu’avant.
À partir de ce moment, le continuum de notre « moi » commence à se tarir. Comme une flamme qui n’est plus alimentée en carburant, notre ancienne identité lentement se dissout : il n’y a plus besoin de faire référence à soi dans nos discussions, nous ressentons moins d’intérêt pour notre histoire personnelle, moins d’élan pour nous mettre en avant dans la vie mondaine.
Bien sûr, ce processus prend un certain temps car le flux conditionné du « moi » est très puissant. Il faut dire que nous l’avons longtemps nourri.
Qu’est-ce que cela change concrètement pour la personne concernée ?
- Davantage de sérénité : le « moi » n’étant plus indispensable pour vivre l’expérience, il n'y a plus de raison de s’inquiéter pour lui. Notamment, il n’y a plus de “je me prends pour quelqu’un”, “j’essaie d’atteindre l’éveil”, “je me sens mal”, “j’ai besoin de ceci”, “j’ai peur de cela”, etc.
- Le silence s’installe : la personne concernée est libérée du brouhaha intérieur. Elle peut ainsi profiter d’un calme régénérant. Elle se sent plus concentrée, plus efficace, moins irritable.
- Un espace se libère : ce « moi » qui prenait tant de place s’est éclipsé, créant un espace inattendu. La capacité d’écoute de la personne concernée s’en trouve améliorée, sa présence au monde est décuplée. Une stabilité nouvelle s’installe.
- L’attention est focalisée sur les autres : n’ayant plus besoin de nourrir l’attention du « moi », la personne concernée se tourne naturellement vers les autres. Car après tout, vers quoi d’autre pourrait-elle se tourner ?
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