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Pourquoi le « moi » pose problème ?

 

 

Nous avons tous mille raisons de nous identifier à un « moi » : un prénom, un âge, un genre, une blessure d’enfance, une profession, une nationalité, une famille, des croyances, des désirs, sa personnalité, etc.

Pourtant, lorsque nous pratiquons la méditation du Sentier de Samatha, nous constatons que nous n'avons pas besoin de ce « moi » pour vivre l’expérience

À vrai dire, le « moi » est loin d'être le centre de notre monde...

  • Notre corps fonctionne tout seul : nous respirons sans en avoir conscience, le cœur bat en toute autonomie, des millions de cellules sont produites chaque seconde sans intervention de notre part, etc. 
  • Notre mental est autonome : nos pensées, nos émotions, l'analyse de nos perceptions... ce qui se passe dans notre tête se produit majoritairement sans décision consciente. 
  • Nos comportements sont souvent automatiques : le « moi » est absent quand nous marchons, quand nous conduisons. Nous n'avons pas besoin de lui quand nous mangeons, quand nous lisons, etc. 

 


 

La saisie du « moi »

Et voici le plus cocasse dans cette histoire : les rares fois où nous avons besoin du « moi », nous constatons qu'il n'est jamais tranquille :

  • Nous sommes inquiets pour le futur
  • Nous sommes en souffrance
  • Nous avons besoin d'attention
  • Nous nous comparons aux autres
  • Nous sommes jaloux, orgueilleux, colériques, etc. 

En réalité, le « moi » est comme un enfant : il nous réclame beaucoup de temps et d’énergie car il a besoin d'être rassuré. Mais parfois, il devient tyrannique et il prend le contrôle. C’est la fameuse saisie du « moi ».  

Dans ces moments-là, nous perdons toute capacité de discernement : nous sommes incapables de nous désidentifier de ce « moi ».

Mais il faut bien comprendre que le « moi » est rusé : il s’habille avec élégance et apparaît partout dans notre vie. En voici plusieurs exemples saisissants. 

Les principaux habits du « moi » :

  • Le « moi » qui brille : nous cherchons ici à contrôler les apparences, la perception que les autres ont de nous-mêmes. Exemple : “je veux que tout le monde voit que j’ai réussi” (belle voiture, belle maison, etc.) “Je suis meilleur que toi” (comparaisons). “regardez-moi ce nul !” (jugements) 
  • Le « moi » émotionnel : nous croyons exister car nous ressentons telle ou telle émotion. Exemple : “je rumine cet échec”, “j’en veux à la terre entière”, “je suis différent et personne ne me comprend”, “j’ai besoin de cette musique ou de ce film car il me fait sentir vivant”... 
  • Le « moi » unique : nous avons ici l’impression d’être indispensables ou d’avoir de super pouvoirs. Exemple : “je suis guidé par l’Univers”, “j’ai un don pour telle chose”, “j’ai été choisi par Dieu pour…” “Je dois sauver le monde entier”. “L'autre a besoin de moi”, etc. 

 

Les principaux domaines où nous sommes saisis par le « moi » :

  • Certaines personnes sont portées sur leur apparence physique. Elles vont donc consacrer du temps à mettre en valeur un corps pourtant voué à l’impermanence. Exemples : pratique intensive de la musculation, obsession pour les vêtements, les bijoux, les parfums, les crèmes de beauté, etc. 
  • Certaines personnes sont portées sur leur vie professionnelle. Elles vont donc consacrer du temps à un travail pourtant voué à l’impermanence. Exemples : travailler jusqu’au burn out, délaisser sa famille pour une création d’entreprise…
  • Certaines personnes sont portées sur l’argent et les biens matériels. Elles vont donc consacrer du temps à accumuler des possessions pourtant vouées à l’impermanence. Exemples : passer du temps à gérer son portefeuille boursier ou ses biens immobiliers, dépenser son argent en futilités, collectionner des timbres… 
  • Certaines personnes sont portées sur leurs relations sociales. Elles vont donc consacrer du temps à tisser des liens pourtant voués à l’impermanence. Exemples : quête de l’amour, sorties mondaines, amitiés fortes, syndrome du sauveur, etc. 
  • Certaines personnes sont portées sur leurs ressentis intérieurs. Elles vont donc consacrer du temps à consommer du divertissement pourtant voué à l’impermanence. Exemples : voyages, culture, films, médias, spiritualité, bien-être, développement personnel, etc. 

 

Attention, il ne s’agit pas de critiquer les choix de vie parfois légitimes des uns et des autres. Il s’agit plutôt d’être conscients que ces choix sont la plupart du temps conditionnés par le « moi ».  

 


 

La danse des petits « moi » et du mental

En réalité, nous constatons qu’il existe une multitude de petits « moi » qui se manifestent au quotidien, précisément là où nos blessures sont les plus profondes : notre apparence physique, notre travail, ce que nous possédons, nos relations, nos émotions…

Lorsque ces petits « moi » s’activent, nous perdons toute capacité de discernement : nous sommes saisis par la colère, l’agacement, la jalousie, l’envie ou la peur. Nous sommes contrôlés par eux

Et puis, l’instant d’après, nos pensées reprennent leur danse et nous oublions avoir agi sous emprise : des images du petit déjeuner ce matin, les mots de cette amie au téléphone, la liste des courses, ce mail reçu hier, cette facture qu’il faudra bien payer… 

Emportés par le flux de nos propres pensées conditionnées, nous oublions l’existence de ces petits « moi » jusqu’à ce qu’ils se manifestent à nouveau

En réalité, nous sommes alternativement contrôlés par nos petits « moi » et par notre mental. Il n'existe pas vraiment pas de moments de répit. 

Dès lors, posons-nous la question suivante : quand agissons-nous vraiment en conscience ? 

 


 

L’illusion d’un mode d’emploi 

Bien sûr, nous sommes des millions à subir les mêmes schémas, les mêmes afflictions

  • La sensation d’être perdus, en proie à une perte de sens vertigineuse
  • Le sentiment de passer à côté de notre véritable mission
  • L’anxiété, la déprime, voire la dépression
  • La lassitude d’être soumis aux aléas de nos émotions
  • Le désarroi face à nos relations dysfonctionnelles

Et comme si cela ne suffisait pas, nous avons la sensation de tourner autour du pot : nous souffrons mais nous n’arrivons jamais à identifier clairement ce qui nous afflige

Ainsi, nous cherchons dans mille directions ce qui pourrait nous soulager

  • Les thérapies : il existe de nombreux praticiens (psychologues, psychanalystes, hypnothérapeutes…) et certaines personnes font parfois des thérapies très longues et très coûteuses. 
  • Le développement personnel : qui n’a jamais lu un livre de développement personnel à la recherche d’une solution à ses problèmes ? Qui n’a jamais tenté une approche comportementale pour se défaire d’une mauvaise habitude ? 
  • L’ésotérisme / la spiritualité : les oracles, la connexion avec un monde invisible, les astrologues, les médiums sont autant de panneaux indicateurs qui nous rassurent et prétendent parfois nous montrer un chemin
  • Le bien-être : le yoga, le sport, la relaxation, la méditation, la reconnexion à soi en pleine nature sont de puissants outils pour se sentir mieux. 
  • L’énergétique : le Reiki, le magnétisme, les affirmations positives, les approches holistiques et maintenant les soins quantiques sont très utiles, surtout quand on ignore ce qui nous afflige. 
  • La médecine : combien de personnes sont sous antidépresseurs ? Combien sous anxiolytiques ? Combien prennent les deux en même temps ?… 

Toutes ces techniques sont adaptées, efficaces et souvent indispensables pour apaiser le « moi », lui permettre d’être adapté à la vie mondaine. 

En revanche, elles ne permettent pas de mettre le « moi » en arrière-plan de l’expérience et encore moins de réaliser l'éveil.

Pire, certaines pratiques peuvent renforcer l’existence de ce « moi » au point d’empêcher toute désidentification. Dans ce cas, l'éveil est rendu très difficile voire impossible.

C'est pourquoi il est indispensable de ne pas faire du tourisme thérapeutique et de ne pas être dans l'errance spirituelle.  Si, c'est le cas, il est urgent d'en prendre conscience.