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Les pièges de l'ego spirituel

 

Tant que le « moi » reste au premier plan de l’expérience, la personne qui entre dans une phase d’ouverture spirituelle ne peut pas s’éveiller.

Pire, elle doit redoubler de vigilance. En effet, le « moi » veut rester le maître du jeu ; il peut donc tendre toutes sortes de pièges.

Le piège le plus fréquent est la sensation d’être guidé par une main invisible. Il peut s’agir d’un guide, d’un ange, d’un défunt, de Jésus, Marie ou de Dieu lui-même…

La personne concernée croit être destinataire de messages divins. Elle perçoit des signes, des synchronicités, des heures miroir. Elle se croit investie d’une mission de vie

Un autre piège redoutable consiste à croire que cette ouverture spirituelle est unique et exceptionnelle, que la personne concernée a été choisie par une force divine pour la vivre.

Grâce à cette croyance, le « moi » la persuade que ce qu’elle vit est exclusif à elle alors qu’il s’agit en réalité d’une expérience universelle.

Si elle ne fait pas attention, cette personne finit même par se sentir supérieure aux autres. 

L’ouverture spirituelle peut également laisser penser que nous avons atteint un état d’amour inconditionnel, que nous n’avons plus d’ego et que nous sommes arrivés au bout du chemin.

Évidemment il n’en est rien : nos actes antérieurs continuent à produire leurs effets et nous continuons à en subir les conséquences.

 


 

Le piège ultime

Enfin, l'erreur la plus fréquente consiste à confondre une simple ouverture spirituelle avec l'éveil

Il s'agit là d'un piège redoutable : si nous sommes persuadés d’être déjà éveillés, nous n’avons plus aucune raison de désirer l’éveil et le chemin s'arrête là.  

Cette confusion est d’autant plus difficile à déceler que l'ego est tenace

En effet, quelqu'un qui expérimente une phase d'ouverture spirituelle voit son monde changer radicalement. 

On passe alors d’une vision étroite, routinière, centrée sur soi-même, à une perception soudain plus vaste (l’Univers, Dieu, Amour inconditionnel, sentiment d’être relié à tout, compassion, etc.)

Dans ce nouvel état de conscience, le « moi » se retrouve déstabilisé mais il refuse pour autant de se faire voler la vedette

C'est là que le piège se referme : la perspective d'un monde beaucoup plus grand devient un nouveau terrain d’identification pour le « moi ». Et cela lui plaît beaucoup...

Il faut bien comprendre que dans l’état d’éveil, le « moi » n’est plus aux commandes. Il n’a donc plus rien à défendre ni à valoriser. 

Ainsi, un être éveillé n'éprouve pas le besoin de le crier sur tous les toits. Il n'est pas non plus dans un état de bien-être ou d'excitation intense

Au contraire, l'éveil nécessite une forte stabilité mentale et émotionnelle, ce qui induit toujours une forme de simplicité.